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vendredi 30 janvier 2026

Le gouvernement du Québec, principal responsable du virage risqué de la SAQ


Il est paradoxal que l'unique actionnaire et principal bénéficiaire de la Société des alcools du Québec soit le principal responsable de la pénible situation dans laquelle se trouve aujourd'hui cette société d'état.


Une succursale SAQ typique au Québec : l'actionnaire unique (le gouvernement) pousse l'entreprise vers des choix risqués (Crédit: SAQ Médiathèque)

Le jeudi 28 janvier dernier, un article paru dans le journal La Presse sous la plume de Nathaëlle Morisette et Stéphanie Bérubé (La SAQ en eaux troubles) mettait en lumière les revendications légitimes des détaillants en alimentation, à propos de la manière plutôt cavalière que la SAQ utilise pour la mise en place de zones SAQ (pour une quarantaine de produits), dans certaines épiceries et dépanneurs.

Et ils ne sont pas les seuls. Depuis plus d’un an, les nouvelles stratégies commerciales de la SAQ suscitent des plaintes de tous côtés, y compris de la part d’alliés de longue date qui commencent à critiquer ouvertement la direction prise.

Rappelons que la SAQ a annoncé la fermeture de huit succursales (pourtant rentables) en centres-villes et noyaux villageois, ce qui risque d’accélérer la dévitalisation de ces communautés (voir ici). Christian Savard, directeur général de Vivre en ville, a dénoncé cette décision avec force et arguments solides (voir ici).

Malgré des mobilisations locales, une pétition émanant de divers partis politiques et des demandes de moratoire pour préserver la vitalité des communautés, la SAQ est allée de l'avant sans fléchir.

L’article de La Presse citait une étude récente de l'Institut de recherche et d'informations socioéconomiques (IRIS)un « think tank » québécois indépendant et progressif, qui critique vivement le concept de ces nouvelles zones SAQ - autrefois appellées mini-agences. Or, l'IRIS est reconnue pour ses positions économiques clairement situées à gauche sur l’échiquier politique et idéologique.

Après avoir lu cette étude réalisée par Julia Posca, je dois dire que je suis en accord avec la plupart des conclusions de son rapport. Je vous invite à le consulter (voir ici).


Autres projets controversés

Vente de mixeurs, sodas et toniques dans certaines succursales → dénoncée par les dépanneurs comme une concurrence déloyale. Les gains de la SAQ se font au détriment des commerces privés, sans valeur ajoutée nette pour l’économie québécoise.

Marketing ciblant les 18-24 ans pour contrer la baisse des ventes → critiqué par la Maison Jean-Lapointe et l'Association pour la santé publique du Québec (ASPQ) comme une incitation irresponsable à la consommation chez les jeunes (on ne répond pas à un besoin, on crée le besoin).

Livraison à domicile via Uber Eats (compagnie américaine), alors que les produits US sont boycottés en succursale → soulève des inquiétudes sur la santé publique, l’accès accru à l’alcool et une forme de « privatisation » rampante.

La SAQ a-t-elle perdu le nord ? Ces décisions qui s’enchaînent donnent l’impression d’une panique généralisée.


La racine du problème

Pourquoi la SAQ s’éloigne-t-elle autant de sa mission d’origine ? Le PDG, Jacques Farcy, l’a répété dans plusieurs entrevues depuis son arrivée : la priorité n’est pas d’offrir les meilleurs produits aux meilleurs prix, mais de répondre aux attentes croissantes de dividendes de son unique actionnaire — le gouvernement du Québec. (voir ici).

C’est là que réside le cœur du malaise. Alors que la consommation d’alcool diminue structurellement (une bonne nouvelle pour la santé publique), on exige de la SAQ qu’elle génère toujours plus de profits.

Pour compenser la baisse des volumes de vente, on augmente les prix… jusqu’à ce que cela freine à nouveau les achats et les revenus. C’est un cercle vicieux.

Cette pression s’explique en partie par la dégradation rapide des finances publiques. Suite à plusieurs investissements ratés (Northvolt, Lion Électrique, Lithion Technologies, Taïga Motors, Recyclage Carbone Varennes, etc.) et à une mauvaise gestion de projets administratifs (SAAQclic et autres chantiers TI), le Québec est passé d’équilibres budgétaires récents à un déficit record de 13,6 milliards $ pour 2025-2026 (budget de mars 2025, sous Éric Girard, ministre des Finances et responsable de la SAQ).

Ne soyons pas surpris que le gouvernement pousse si fort sur les dividendes des sociétés d’État.


Un danger qui plane

Les gouvernements, sous pression, ont parfois tendance à opérer un virage à 180 degrés sans nuance. Il serait regrettable que, face aux critiques croissantes, on choisisse d’abolir purement et simplement la SAQ au profit d’une privatisation totale et précipitée.

Car, malgré ses imperfections, le modèle actuel offre des avantages réels quand il est bien géré : contrôle de l’accès à l’alcool, soutien aux produits québécois de qualité, revenus stables pour les services publics.

Il serait dommage de jeter le bébé avec l’eau du bain. Mieux vaudrait refonder la SAQ autour d’une mission recentrée sur « boire mieux » (qualité, local, modération et éducation), en libérant l’entreprise de l’exigence d’une croissance des profits à tout prix.

Cette réforme passerait par un allègement de la pression sur les dividendes, une piste que l’IRIS défend avec raison. Le Québec en sortirait gagnant sur tous les plans : santé publique, vitalité des communautés et finances saines.

Qu’en pensez-vous ? La SAQ doit-elle continuer sur cette voie commerciale risquée, ou est-il temps d’un vrai changement de cap ?




lundi 26 janvier 2026

95% des meilleurs vins de la planète ne sont pas disponibles au Québec


Que ce soit pour approvisionner ses succursales ou pour des commandes d'importation privée, il n'y a que la Société des Alcools du Québec (SAQ) qui est autorisée à importer du vin pour le Québec, en vertu du monopole qu'on lui a consenti.

Or, quand il n'y a qu'un seul joueur, celui-ci est forcément obligé de restreindre sa sélection. Pour des raisons d'espace et de logistique en premier lieu, mais également pour maximiser la rentabilité, le but premier étant de faire le plus d'argent possible et non d'offrir la meilleure variété.

La présente offre 

Aux quelques 9,000 cuvées apparaissant au répertoire de la SAQ (qui a déjà été plus élevé), s'ajoutent plus de 16,000 que des agences proposent en cours d'année à leurs clients, des restaurants pour la plupart, pour un total de 25,000 références. C'est un choix honorable qui a de quoi rencontrer les besoins de la majorité des consommateurs.

Mais si vous pensiez que presque tous les bons vins de la planète sont présents au Québec, j'ai le regret de vous apprendre qu'il en manque plusieurs. Beaucoup même!

Selon diverses sources (dont certaines intelligences artificielles), bien qu'il soit à peu près impossible de connaître le nombre exact de vins différents qui sont actuellement commercialisés dans le monde (et je ne tiens pas en compte les nombreux vins vendus en vrac), on peut estimer qu'il y en a entre 1 million et 1.5 million.

Faisons en semble quelques calculs. Retenons le chiffre le plus bas de cette fourchette, soit 1 million (par mesure de précaution). J'en retire la moitié, pour éviter la redondance et pour des raisons de qualité insuffisante pour notre marché. Il en reste ainsi tout de même 500,000 (au bas mot).

En mettant ainsi ce chiffre en rapport avec les 25,000 vins présents, disponibles à l'occasion dans notre province, nous pouvons affirmer que nous avons au Québec, approximativement 5% (25,000 sur 500,000) des bons vins de la planète. C'est beaucoup et peu à la fois.

Tant qu'il n'y aura qu'une seule partie prenante pour décider ce que vous pourrons boire ou non, beaucoup de bons vins vous échapperont.

D'où l'importance quand vous voyagez, de profiter de l'occasion de mettre la main sur des perles absentes de notre marché. Le vin qui suit en donne un bon exemple.


Fusion V, De Toren, Stellenbosch, 2009, Afrique du Sud

Cépages:    60% Cabernet Sauvignon, 12% Cabernet Franc, 11% Malbec, 10% Merlot, 7% Petit Verdot
SAQ #:       non disp.
Prix:            45,00$* (sur place en 2012)
Alcool:       14%
Sucre:         <  2 g/litre
Servir:       16-17° Celsius
Carafe:      30 min.
À boire:     2026-2034

*Vendu aujourd'hui environ 65$ CAN à la propriété





Ce domaine fut ondé en 1991 par Emil den Dulk et son épouse Sonette den Dulk, qui ont quitté leur vie à Johannesburg pour s’installer sur les collines de Polkadraai, à Stellenbosch, attirés par la vue imprenable sur False Bay, Helderberg et Table Mountain.




Ce qui a commencé comme un projet pour repartir à neuf est rapidement devenu l’un des domaines les plus respectés d’Afrique du Sud pour ses assemblages bordelais de haut vol.

Le nom « De Toren » (De la tour en néerlandais) fait référence à la tour emblématique du chai, qui permet un écoulement par gravité, une première en Afrique du Sud à l’époque.





Le domaine s’est spécialisé dès le départ dans les assemblages bordelais : le Fusion V (Cabernet-dominant, premier millésime 1999) et le Z (principalement Merlot, dès 2004), tous deux issus des cinq cépages nobles bordelais plantés sur 25 hectares de sols granitiques parmi les plus anciens au monde (540 millions d'années).




Pour cette entreprise viticole, la diversification est le mot d'ordre. Ainsi, 15 types de sols identifiés dans le vignoble qui est composé de 25 clones parmi les 5 cépages utilisés, lesquels sont greffés sur 10 porte-greffes différents.





Emil den Dulk, passionné et perfectionniste, a dirigé le projet avec le maître de chai Albie Koch (présent depuis le tout début) jusqu’à sa retraite en 2018-2019. Par la suite, une nouvelle structure d’actionnariat majoritaire a été mise en place avec des investisseurs suisses (notamment Cedric Nicolas Schweri, Daniel Robert Mueller et Cape Estate AG via De Toren Holding AG), tandis qu’Albie Koch conserve une part et reste aux commandes opérationnelles.




Outre le vin d'entrée de gamme Délicate, les cuvées phares Fusion V et l'Édition Z, le domaine produit des vins ultra-premium comme Book XVII et The Black Lion (Shiraz), souvent issus de sélections parcellaires extrêmes avec imagerie infrarouge, ainsi que la cuvée Patronus, un monocépage de Malbec issu de vignes centenaires, pour un total de 6 cuvées, toutes en rouge.




Le vin mentionné ci-dessus, la cuvée Fusion V, la première sortie commerciale du domaine, a débuté avec le millésime 1999. Son nom fait référence à l'harmonieuse communion des 5 cépages nobles de la région française de Bordeaux.

Il est issu de rendements très bas, soit environ 1 kilo de raisins par pied, suite à un éclaircissage sévère (vendanges en vert) jusqu'à 40% des grappes.


L'étiquette de la cuvée Fusion V de nos jours

La vendange manuelle est effectuée aux premières heures du jour (premières 2 heures de lumière) pour préserver fraîcheur et arômes. Tri manuel rigoureux à la vigne et au chai.


Verticale des millésimes 2001, 2010, 2016 et 2021

Pressurage doux en paniers, fermentation en cuves petites et larges (meilleur ratio peau/jus), macération pelliculaire et extractions douces/non interventionnistes. Chaque cépage et chaque parcelle vinifiés séparément avant l'assemblage final.




Élevage: 12 mois en barriques de 225 litres (environ 50 % neuves, 50 % de second passage ; typiquement 90 % chêne français + 10 % américain, ce dernier souvent réservé au Malbec pour son caractère). La cave à barriques est climatisée (16 °Celsius / 80 % humidité) pour un vieillissement optimal. Les vins reposent sans perturbation pendant toute la période.




Aucunes fuites couleuses au niveau du bouchon de liège qui, pendant plus de 16 ans, a bien son travail.




Mon unique erreur fut de ne pas avoir utilisé un bilame. Le bouchon a cassé au milieu, laissant la partie inférieure dans le goulot. Heureusement, il est demeuré bien coincé, ce qui m'a permis de retirer la partie restante intacte avec la vis du tire-bouchon qui une fois retirée s'est désagrégée en plusieurs morceaux. Aucun morceau de bouchon n'est tombé dans la bouteille. Ouf!


Accord mets-vin

Jarret d'agneau braisé


Notes de dégustation:

Ce classique et élégant vin sud-africain rivalise sans complexe pour 10 fois moins cher, avec les meilleurs crus classés bordelais. S'il était disponible ici, j'en achèterais immédiatement au moins 6 bouteilles.

Cette bouteille était aussi bonne qu'un certain Château Latour 1993 dégusté au mois d'août dernier! Le vin avait toujours une coloration rubis foncé avec de légers reflets grenat au pourtour du verre. Ce sont les arômes tertiaires qui dominent maintenant à l'olfactif (champignons, terre humide, boîte à cigares, etc.) avec des relents à l'arrière-plan de cerise noire, de mûre et de cassis. Belle matière veloutée et fondue qui caresse le palais, dont les suaves flaveurs se prolongent en une belle fraîcheur minérale. Du grand art!

Il tiendra encore facilement la route 7-8 ans. Difficile de ne pas ressentir une certaine émotion. Pas mal, pour un vin sud-africain!

Un vin d'une telle tenue se doit d'être consommé avec des viandes de qualité (agneau, sauvagine, boeuf, gibier), nappés d'une sauce raffinée.


DISPONIBILITÉ: aucune pour le Québec.








lundi 12 janvier 2026

Le TOP 10 de l'année 2025


Parmi les quelques 2,250 vins dégustés au cours de l'année 2025, je vous en ai recommandé quelques 578, soit à peine 25% des vins que j'ai analysés.

J'ai maintenant dressé pour vous un palmarès de 10 vins qui se sont démarqués, tout particulièrement au niveau de leur évident rapport qualité/prix

Qu'est-ce qu'un bon rapport qualité/prix? C''est par exemple un vin de 25$ qui vous en donne autant que certains vins de 30$/35$, ou un vin de 60$ que l'on croirait valoir 80$/100$. Je crois que vous comprenez le principe.




Ce TOP 10 annuel a été effectué à partir des vins qui ont fait partie des 12 TOP 5 mensuels de l'année 2025.

L'inventaire de la plupart de ces vins est probablement épuisé au moment d'écrire ces lignes. Le lecteur pourra tout de même en retenir les noms et surveiller les prochains arrivages.













Bonnes dégustations!


Le TOP 5 de l'année 2025




jeudi 1 janvier 2026

Mes meilleurs voeux à l'occasion du début de cette nouvelle année!


Voici le moment de l’année où je serais censé:

– Vous proposer une réduction

– Créer un sentiment d’urgence

– Dire « dernière chance pour 2025 »

Mais je ne ferai rien de tout cela.





Je ne vous adresserez tout simplement qu'un remerciement sincère pour avoir fait partie de mon voyage et de mon aventure parmi les vins tout au long de l'année 2025.

 

Je vous souhaite une nouvelle année placée sous le signe du calme, de la bonne humeur et de nombreuses occasions de trinquer. 



Yves Mailloux

Chroniqueur vin indépendant et

Président du Club des Dégustateurs de grands Vins




samedi 27 décembre 2025

L'origine de certains cépages


𝓢𝓪𝓿𝓲𝓮𝔃-𝓿𝓸𝓾𝓼 𝓺𝓾𝓮...

plusieurs cépages sont le résultat de croisement réalisés soit par la nature, soit par l'homme.
Voici quelques exemples.

Le premier, un cépage fort connu, est le résultat naturel de deux cépages qui étaient souvent complantés à Bordeaux Il porte le nom de ses deux parents.

Les 2e et 3e du tableau sont également des croisements réalisés de façon naturelle (probablement au Moyen Âge).

Les 4e et 5e ont été créés par l'homme.







jeudi 25 décembre 2025

Un joyeux Noël à tous les amateurs de bons vins !



Un joyeux Noël aux milliers d'amateurs de bons vins du monde entier qui prennent leur plaisir au sérieux et qui me lisent!


Le Père Noël étant un bon ami de longue date, je peux vous affirmer que celui-ci n'aime pas seulement le lait et les biscuits!




À l’occasion de Noël magique, je souhaite à vous tous, de beaux moments de rires partagés en famille et de câlins chaleureux.

Que l’amour et la joie illuminent vos cœurs comme les guirlandes votre sapin, et que ces moments précieux renforcent les liens qui vous unissent ! Joyeux Noël à chacun !



Le secret de la couleur des habits du Père Noël
enfin dévoilé!


(Mystère résolu!)



mercredi 19 novembre 2025

Vente d'alcool: Vers un nouveau système pancanadien d’ici 2026


Jeudi prochain, les ministres provinciaux et territoriaux se réuniront à Yellowknife pour renforcer le commerce intérieur canadien. Cette question est à l’ordre du jour. L’objectif, à terme, est d’accoucher d’un nouveau système pancanadien de vente directe d’alcool.

La politique et la bureaucratie y parviendront-ils? On est encore loin de la coupe aux lèvres...

(Un article du journal La Presse)







mardi 11 novembre 2025

Un joli trio de la maison Henri Bourgeois s'invite au Club des Dégustateurs de Grands Vins!


Bien que certaines cuvées du domaine Henri Bourgeois en Val de Loire soient présentes au Québec depuis plus de quatre décennies, cette maison demeure à découvrir pour plusieurs amateurs.



Le 26 mars dernier, j'ai rencontré à la Brasserie française Henri, le sympathique Jean-Marie Bourgeois qui en est rendu à son 47e millésime, venu nous présenter les derniers millésimes de plusieurs cuvées de son fabuleux répertoire.

Cet homme est à la tête de la bien connue et célèbre maison Henri Bourgeois, un domaine familial depuis dix générations, et qui compte de nos jours plus de 120 hectares (en propre et en location) sur plusieurs appellations en Val de Loire.




Depuis déjà plusieurs années, M. Jean-Marie Bourgeois fils d'Henri, maintenant âgé de 83 ans, a entrepris de transmettre à la plus jeune génération (Arnaud, Lionel, Jean-Christophe) les nombreuses connaissances qu'il a acquise au fil de son parcours.

On doit cependant à Henri Bourgeois d'avoir développé dans les années 50 l'entreprise familiale que l'on connaît aujourd'hui, à partir de 2 hectares de vignes sur les collines de Chavignol.




Il faut savoir que la famille Bourgeois a acquis en 1986 le domaine Laporte à Sancerre et a aussi démarré en l'an 2000 une entreprise viticole de 109 hectares à Marlborough en Nouvelle-Zélande, le Clos Henri.

La famille Bourgeois fut également la pionnière de la vinification parcellaire dans le Sancerrois.




Le répertoire de ce producteur compte 8 cuvées élaborées en Nouvelle-Zélande (6 blancs et 2 rouges, et 25 en Val de Loire (15 blancs, 6 rouges, 3 rosés et 1 vin de vendange tardive).

Au moment d'écrire ces lignes 8 vins de la maison Henri Bourgeois sont présentement disponibles dans certaines succursales du Québec (voir ici).

Le 10 novembre dernier, lors de la 126e soirée du Club des Dégustateurs de Grands Vins, j'ai fait déguster au 40 participants, 3 vins de moyenne et haute gamme de cette maison.

Je vous en libre un bref résumé afin que vous puissiez à votre tour, les découvrir. Notez cependant que la plupart sont présentement en rupture de stock et qu'il faudra attendre le prochain arrivage qui surviendra quand la SAQ daignera bien en commander.

Note: j'ai personnellement achetées toutes ces bouteilles.






Le Sauvignon blanc étant un peu la spécialité et la marque de commerce de la maison Henri Bourgeois, la première cuvée de la soirée fut un vin d'appellation Pouilly-Fumé, le JS-150, autrefois connu sous le nom de La demoiselle de Bourgeois.



JS-150, Pouilly-Fumé, Henri Bourgeois, 2022, France

Cépage:   100% Sauvignon blanc
SAQ #:     702126
Prix:         52,00$
Alcool:     13%
Sucre:      g/litre
Servir:     10-12
° Celsius
À boire:   2025-2032


Ce vin est issu de vignes cultivées sur les marnes kimméridgiennes de Saint-Laurent l’Abbaye, berceau historique de l’appellation Pouilly-Fumé. Ces marnes sont des dépôts d’argiles et de fossiles d’huîtres et de moules du Jurassique. Son nom JS-150 signifie d’ailleurs Jurassique Supérieur 150 millions d’années.

Sélection des raisins à la réception de la vendange. Pressurage doux et lent pour préserver le potentiel aromatique du fruit. Fermentation alcoolique en cuves inox thermorégulées pour 85% des jus, les 15% restants fermentent en fûts de chêne de Tronçais. Élevage sur lies fines de 12 mois.

Doté d'une teinte jaune clair légèrement soutenue, ce vin distille des notes florales, ainsi que des arômes d'agrumes enrichis d'une touche de pêche blanche et d'un soupçon iodé. La bouche est nettement plus complexe, libérant des saveurs expressives qui énergisent le palais. Longue et belle finale qui fait perdurer le plaisir. 3 bouteilles ont été achetées pour une éventuelle soirée du Club des Dégustateurs de Grands Vins.




Ceviche de St-Jacques, kiwis, jus de persil



Les deux qui suivent avaient pour principale mission de faire savoir que les vins d'appellation Sancerre ne sont pas exclusivement blancs, car on en produit également du rouge (environ 11% en volume) et du rosé (environ 7% du total).


Pinot noir, Sancerre, Henri Bourgeois, 2022, France

Cépage:     100% Pinot noir
SAQ #:       13232628
Prix:            34,25$
Alcool:       13% 
Sucre:        1,8 gr/litre 
Servir:       15-16° Celsius 
Carafe:      20 min.
À boire:    2025-2028


Ce vin est élaboré à partir de vignes de Pinot noir cultivées sur un terroir d'argile (65%) et de calcaire (35%). Le calcaire donne de la colonne vertébrale au vin, alors que l'argile lui donne du corps.

Macération de 12 jours en cuves inox, avec deux remontages et un pigeage à chaque jour pour une extraction optimale de la couleur et des tanins. Après la conversion malolactique, le vin est élevé en fûts de chêne français (renouvelés pour le tiers à chaque année) et en cuves inox pendant 10 mois.

Ce vin n'a rien à envier aux vins de Pinot noir d'appellation générique de la Bourgogne. Plusieurs en tomberont d'ailleurs en bas de leur chaise! Se parant d'une belle coloration rouge rubis, ce vin fait émaner hors du verre de jolies notes florales virevoltant au-dessus d'un séduisant bouquet majoritairement composé de fraises, de framboises des champs, avec une touche de cassis et d'épices douces. La bouche suit, charmeuse et caressante. Déployant un bel éventail de flaveurs fruitées. Belle et longue finale nimbée de très fines notes épicées. Un vin à la fois fin et gourmand s'adressant aux fins gourmets.




Carré d'agneau



Le Graveron, Sancerre, Henri Bourgeois, 2019, France

Cépage:     100% Pinot noir
SAQ #:       13232628
Prix:            81,50$
Alcool:       13,5% 
Sucre:        1,6 gr/litre 
Servir:       16° Celsius 
Carafe:      45-60 min.
À boire:     2025-2034


Cette cuvée provient d'une parcelle de 1,31 hectare où s'enracinent des vignes de Pinot noir plantées en 1997. Située au sommet de la Côte des Monts Damnés, on retrouve dans ce riche terroir des marnes kimméridgiennes.

Après la vendange manuelle et une macération de 4 à 6 jours avec remontage quotidien, le moût fermente en foudres de chêne de 8 à 10 jours à une température n'excédant pas 25° Celsius, avec deux remontages et un pigeage quotidien jusqu'à la mi-fermentation. Conversion malolactique. Élevage de 10 mois en fûts neufs et de second usage de 228 et 600 litres.

Une cuvée où le terroir transcende le cépage! Vêtu d'un robe rubis très foncé et légèrement violacée, ce vin libère des parfums évoquant la framboise, la mûre et le cassis, enrichis de notes finement boisées qui après 6 ans, ne sont pas encore complètement assimilées à l'ensemble. La bouche suit, pleine et profonde, reposant sur des tanins denses et souples, promesse d'un bel avenir. Longue finale savoureuse. Un Pinot noir de Val de Loire exceptionnel.




Faux-filet de boeuf, chanterelles,
ragoût de queue de boeuf