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mercredi 1 avril 2026

De la SAQ à la SSAQ?


Scoop: La SAQ pourrait bientôt changer de nom!

Afin de stopper la baisse de ses ventes et surtout de ses profits, la SAQ remplace présentement ses produits alcoolisés, par d’autres sans alcool, car ces derniers connaissent une forte croissance et représentent l’avenir, selon leurs études.

Elle désirerait également qu’on lui octroie le monopole de la vente de ces produits, bien qu’ils soient déjà depuis longtemps vendus en marché libre, afin d’éliminer cette gênante compétition qu’il l’empêche de les vendre à des prix outrageusement plus élevés, comme elle peut déjà le faire depuis plus de 100 ans avec les vins et les spiritueux.

Le ministre des Finances du Québec est présentement en train de réfléchir à cette question.




Afin que la clientèle prenne conscience rapidement de ce virage vers cette nouvelle catégorie de produits, on songe à légèrement modifier le nom de l’entreprise qui passerait de SAQ à SSAQ, soit la


Société des Sans Alcool du Québec
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P.S. Vous aurez compris (je l’espère!) que c’est de l’humour. Ceci a été publié le 1ier avril. Mais avec les décisions folles qui se prennent depuis quelques temps au Québec, avouez que vous y avez cru pendant un moment!

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Image créée par intelligence artificielle à partir
de mes instructions de base




mardi 24 mars 2026

10 vins pour palais blasés en quête d'émotions


Vous avez tendance à presque toujours acheter les mêmes vins ou vous croyez avoir tout vu et tout bu?




Rassurez-vous, il existe des vins susceptibles de vous surprendre encore et qui secoueront vos habitudes de dégustation.




Qu'ils soient élaborés avec des cépages oubliés provenant de régions méconnues, ou assemblés ou vinifiés de façon différentes, ces vins ont le mérite de bousculer les certitudes.




Suite à une dégustation organisée le 17 mars dernier par l'A3 Québec, j'ai été confronté avec une douzaine d'autres collègues à 43 vins dits insolites ou atypiques qui sortent des chemins balisés.




Bien sûr, le résultat final n'est pas toujours à la hauteur des attentes. Vous trouverez donc ci-dessous, ma liste des 10 cuvées qui m'apparaissent parmi les plus intéressantes à découvrir.

Seuls les produits représentant de bons rapports qualité/prix ont été retenus.

Cette sélection s'adresse également à vous, si comme moi vous avez le palais curieux ... et audacieux.




Vins blancs

Cullerot, Celler del Roure, Valencia, 2023, Espagne, 21,90$

Selon l'agence: un vin d'une région méconnue, réalisé avec des cépages autochtones rescapés, la vinification est en tinajas ancestrales et tout ça, d'un producteur emblématique des Alforins (Valence)!



Robe jaune légèrement soutenu; arômes floraux et de pêche subtilement mûre; agréable et charmeur petit profil beurré; Légère amertume en finale sur le noyau de fruits blancs qui apporte toute la fraîcheur voulue. Plaira à la majorité.

Disponibilité SAQ (en ligne présentement et très bientôt en succursale)



Bienbebido Come Pulpo, Vintae, Vino de mesa, 2024, Espagne, 16,55$

Selon l'agence: De l’Albarino de la Rioja, c’est atypique. Ce vin provient de raisins d'Albarino récoltés dans la région de la Rioja, mais le cépage n'est pas reconnu comme un des cépages de l'appellation donc le cépage ne peut être mentionné sur l'étiquette. Très peu de vins à base d'Albarino proviennent de la Rioja.


En sus de sa provenance, ce vin d'Albarino qui possède vraiment les caractéristiques de ce cépage, coûte moins cher que ceux issus des appellations habituelles (ex: Rias Baixas). Il développe un certain volume en bouche avec une indéniable finale saline.




Vid.a.bee Free, Montlaiz, Mendoza, 2024, Argentine, 19,95$ (bio, nature)

Selon l'agence: Un assemblage qu’on ne voit presque jamais : Chardonnay (80%) et Torrontés (20%). Le cépage emblématique argentin, intensément aromatique, rencontre la tension d’un Chardonnay vinifié droit et net. Résultat : un blanc éclatant, digeste, moderne, qui sort des repères classiques tout en restant facile d’accès.



Brillante robe jaune or clair; parfums de fleurs blanches et arômes de poire et de miel; déploie de savoureuses saveurs tout en demeurant sur une bouche fraîche et suffisamment droite; assemblage très réussi; prix judicieusement placé sous la barre des 20$; intéressant.




Albarino reserva, Bodegas Garzon, Maldonado, 2024, Uruguay, 23,85$

Selon l'agence: Les consommateurs n'ont pas l'occasion de déguster tous les jours un produit provenant de l'Uruguay, et encore avec le cépage Albarino. Ce vin défie les conventions des Albarinos classiques de l'Atlantique. Son élevage s'effectue en cuves de béton et son terroir est composé de granit décomposé uruguayen. C'est un Albarino gastronomique, grâce à sa capacité à offrir la minéralité des grands blancs européens tout en possédant une structure charnue.


Arborant une brillante robe jaune clair agrémenté de reflets verdoyants, ce vin dissémine des notes de fleurs blanches, ainsi que d'attirants arômes évoquant la pêche blanche. Frais et droit, il est doté d'une finale très saline. Une rareté proposée à prix très correct compte tenu de la qualité.



La Fé, Domaine Berthoumieu, Pacherenc du Vic-Bilh sec, 2024, France, 27,15$

Selon l'agence: Le Pacherenc du Vic-Bilh Sec, appellation confidentielle du Sud-Ouest de la France encore peu représentée au Québec, offre la découverte d’un terroir singulier entre Gascogne et Béarn. Issu d’un assemblage original de 90 % Gros Manseng et 10 % Arrufiac, deux cépages autochtones rarement proposés en version sèche.


Robe jaune paille qui brille de mille feux; il dispense hors du verre un bouquet floral des plus aromatique émaillé de légers effluves de fruits tropicaux; un vin original et bien frais qui livre de juteuses saveurs rappelant la pêche et qui se prolongent longuement. Une belle curiosité!




Vins rouges

El paisano de Tares, Dominio de Tares, Bierzo, 2024, Espagne, 18,65$

Selon l'agence: Voici un vin rouge espagnol qui sort de l’ordinaire en combinant principalement le cépage Mencía (85 %) avec un accompagnement inhabituel de 15% de Palomino, Dona Blanca, Godello et d'Alicante (les cépages mentionnés sur saq.com sont erronés). Un retour aux sources de Bierzo, où s'assemblent raisins rouges et blancs issus de vieilles vignes. Sa légèreté, sa fraîcheur et sa facilité à être servi légèrement frais le distinguent des rouges plus classiques et puissants issus du terroir de Bierzo en Espagne.


Élaboré avec des raisins vendangés à la main, issus de vignes de 65 ans poussant à des altitudes de 500 à 700 mètres. Vêtu d'une robe rubis légèrement claire; de gourmands parfums de violette, de fraises des champs écrasées et de prune se propagent hors du verre; ce vin de soif offre une expérience conviviale et accessible; à servir plutôt frais, autour de 12° Celsius. Vraiment pas cher!



L'impromptu, Vignobles de Saint-Verny, Côtes d'Auvergne, 2022, France, 23,55$

Je fus l'un des tout premiers chroniqueurs au Québec a vanté les mérites de ce Gamay issu de sols volcaniques du Massif Central et j'y suis revenu par la suite à maintes reprises. Pour connaître la raison du nom de ce vin et tous les détails s'y rapportant, lire ceci.


Drapé dans une robe rubis légèrement claire et subtilement violacée, ce vin répand de jolies notes florales mêlées de parfums de fraise, de cerise et de poivre blanc. Frais et gouleyant, droit et plutôt long, voilà un Gamay électrisant et fort original. Très polyvalent à table.



Pinot noir, Devil's Corner, Brown's Brothers, Tasmanie, 2024, Australie, 25,55$

Selon l'agence: Ce vin est atypique parce qu’il reflète pleinement son origine fraîche et maritime en Tasmanie, offrant une expression aromatique pure, une acidité équilibrée, et une élégance fruitée qu’on ne retrouve pas toujours dans les Pinot noirs de climats plus chauds de l'Australie continentale.



Se présentant habillé d'une robe rubis de moyenne intensité et légèrement claire, ce vin se dévoile à nous en nous présentant ses invitants parfums de framboise et d'un peu de cassis; son toucher de bouche, frais et délicat, caresse le palais tout en déployant ses belles flaveurs fruitées et sans lourdeur. Une expression invitante pour le Pinot noir australien; servir à 15-16° Celsius.



Soplar, Bodegas Moraza, Rioja DOCa, 2023, Espagne. 24,95$ (biodynamique, nature)

Selon l'agence: Le Québécois Patricio Brongonstalle dans la Rioja chez Bodegas Moraza en 2013 après avoir rencontré sa conjointe, Janire Moraza, qui avait toujours rêvé de faire des vins à contresens des traditionnels Rioja, en abandonnant l’élevage en fût. Voici un assemblage 50-50 de Garnacha Peluda et de Tempranillo, vinifié en infusion, unique en son genre et comme vous n’en avez jamais bu. Soplar, qui signifie en espagnol « siffler une bonne bouteille entre copain » , est une cuvée juteuse à souhait, festive, conviviale et décomplexée.


Coloration rubis légèrement foncé et subtilement violacée; il en émane des notes florales, ainsi qu'un profil quelque peu animal (cuir, fourrure); un vin léger et fruité, facile à boire, avec un profil nature (mais pas trop); un vin surprenant et original, à boire frais.



Xinomavro/Syrah, Kir Yianni, Macédoine, 2022, Grèce, 17,50$

Selon l'agence: Entre origine émergente, cépage autochtone puissant et assemblage atypique, le Xinomavro-Syrah de Kir-Yianni offre une signature différente des rouges plus classiques de France, d’Italie ou d’Espagne, tout en restant accessible et polyvalent. Issu de la Macédoine grecque, berceau du Xinomavro, il profite d’un climat continental aux forts écarts de température qui favorisent fraîcheur et structure.


Se dévoilant vêtu d'une robe rubis soutenu et toutefois légèrement translucide, ce vin propose un intéressant bouquet qui dissémine des notes de violette et d'arômes marqués d'une certaine évolution; en bouche, il révèle des tanins très souples, de la fraîcheur et de l'équilibre; un profil très original disponible pour une chanson.



Ces 10 vins vous rappelleront que votre palais peut encore rêver, en réouvrant le champ des possibles.

Essayez-en un ou quelques-uns et voyez la magie opérer!






Bonne dégustations!




vendredi 30 janvier 2026

Le gouvernement du Québec, principal responsable du virage risqué de la SAQ


Il est paradoxal que l'unique actionnaire et principal bénéficiaire de la Société des alcools du Québec soit le principal responsable de la pénible situation dans laquelle se trouve aujourd'hui cette société d'état.


Une succursale SAQ typique au Québec : l'actionnaire unique (le gouvernement) pousse l'entreprise vers des choix risqués (Crédit: SAQ Médiathèque)

Le jeudi 28 janvier dernier, un article paru dans le journal La Presse sous la plume de Nathaëlle Morisette et Stéphanie Bérubé (La SAQ en eaux troubles) mettait en lumière les revendications légitimes des détaillants en alimentation, à propos de la manière plutôt cavalière que la SAQ utilise pour la mise en place de zones SAQ (pour une quarantaine de produits), dans certaines épiceries et dépanneurs.

Et ils ne sont pas les seuls. Depuis plus d’un an, les nouvelles stratégies commerciales de la SAQ suscitent des plaintes de tous côtés, y compris de la part d’alliés de longue date qui commencent à critiquer ouvertement la direction prise.

Rappelons que la SAQ a annoncé la fermeture de huit succursales (pourtant rentables) en centres-villes et noyaux villageois, ce qui risque d’accélérer la dévitalisation de ces communautés (voir ici). Christian Savard, directeur général de Vivre en ville, a dénoncé cette décision avec force et arguments solides (voir ici).

Malgré des mobilisations locales, une pétition émanant de divers partis politiques et des demandes de moratoire pour préserver la vitalité des communautés, la SAQ est allée de l'avant sans fléchir.

L’article de La Presse citait une étude récente de l'Institut de recherche et d'informations socioéconomiques (IRIS)un « think tank » québécois indépendant et progressif, qui critique vivement le concept de ces nouvelles zones SAQ - autrefois appellées mini-agences. Or, l'IRIS est reconnue pour ses positions économiques clairement situées à gauche sur l’échiquier politique et idéologique.

Après avoir lu cette étude réalisée par Julia Posca, je dois dire que je suis en accord avec la plupart des conclusions de son rapport. Je vous invite à le consulter (voir ici).


Autres projets controversés

Vente de mixeurs, sodas et toniques dans certaines succursales → dénoncée par les dépanneurs comme une concurrence déloyale. Les gains de la SAQ se font au détriment des commerces privés, sans valeur ajoutée nette pour l’économie québécoise.

Marketing ciblant les 18-24 ans pour contrer la baisse des ventes → critiqué par la Maison Jean-Lapointe et l'Association pour la santé publique du Québec (ASPQ) comme une incitation irresponsable à la consommation chez les jeunes (on ne répond pas à un besoin, on crée le besoin).

Livraison à domicile via Uber Eats (compagnie américaine), alors que les produits US sont boycottés en succursale → soulève des inquiétudes sur la santé publique, l’accès accru à l’alcool et une forme de « privatisation » rampante.

La SAQ a-t-elle perdu le nord ? Ces décisions qui s’enchaînent donnent l’impression d’une panique généralisée.


La racine du problème

Pourquoi la SAQ s’éloigne-t-elle autant de sa mission d’origine ? Le PDG, Jacques Farcy, l’a répété dans plusieurs entrevues depuis son arrivée : la priorité n’est pas d’offrir les meilleurs produits aux meilleurs prix, mais de répondre aux attentes croissantes de dividendes de son unique actionnaire — le gouvernement du Québec. (voir ici).

C’est là que réside le cœur du malaise. Alors que la consommation d’alcool diminue structurellement (une bonne nouvelle pour la santé publique), on exige de la SAQ qu’elle génère toujours plus de profits.

Pour compenser la baisse des volumes de vente, on augmente les prix… jusqu’à ce que cela freine à nouveau les achats et les revenus. C’est un cercle vicieux.

Cette pression s’explique en partie par la dégradation rapide des finances publiques. Suite à plusieurs investissements ratés (Northvolt, Lion Électrique, Lithion Technologies, Taïga Motors, Recyclage Carbone Varennes, etc.) et à une mauvaise gestion de projets administratifs (SAAQclic et autres chantiers TI), le Québec est passé d’équilibres budgétaires récents à un déficit record de 13,6 milliards $ pour 2025-2026 (budget de mars 2025, sous Éric Girard, ministre des Finances et responsable de la SAQ).

Ne soyons pas surpris que le gouvernement pousse si fort sur les dividendes des sociétés d’État.


Un danger qui plane

Les gouvernements, sous pression, ont parfois tendance à opérer un virage à 180 degrés sans nuance. Il serait regrettable que, face aux critiques croissantes, on choisisse d’abolir purement et simplement la SAQ au profit d’une privatisation totale et précipitée.

Car, malgré ses imperfections, le modèle actuel offre des avantages réels quand il est bien géré : contrôle de l’accès à l’alcool, soutien aux produits québécois de qualité, revenus stables pour les services publics.

Il serait dommage de jeter le bébé avec l’eau du bain. Mieux vaudrait refonder la SAQ autour d’une mission recentrée sur « boire mieux » (qualité, local, modération et éducation), en libérant l’entreprise de l’exigence d’une croissance des profits à tout prix.

Cette réforme passerait par un allègement de la pression sur les dividendes, une piste que l’IRIS défend avec raison. Le Québec en sortirait gagnant sur tous les plans : santé publique, vitalité des communautés et finances saines.

Qu’en pensez-vous ? La SAQ doit-elle continuer sur cette voie commerciale risquée, ou est-il temps d’un vrai changement de cap ?




lundi 26 janvier 2026

95% des meilleurs vins de la planète ne sont pas disponibles au Québec


Que ce soit pour approvisionner ses succursales ou pour des commandes d'importation privée, il n'y a que la Société des Alcools du Québec (SAQ) qui est autorisée à importer du vin pour le Québec, en vertu du monopole qu'on lui a consenti.

Or, quand il n'y a qu'un seul joueur, celui-ci est forcément obligé de restreindre sa sélection. Pour des raisons d'espace et de logistique en premier lieu, mais également pour maximiser la rentabilité, le but premier étant de faire le plus d'argent possible et non d'offrir la meilleure variété.

La présente offre 

Aux quelques 9,000 cuvées apparaissant au répertoire de la SAQ (qui a déjà été plus élevé), s'ajoutent plus de 16,000 que des agences proposent en cours d'année à leurs clients, des restaurants pour la plupart, pour un total de 25,000 références. C'est un choix honorable qui a de quoi rencontrer les besoins de la majorité des consommateurs.

Mais si vous pensiez que presque tous les bons vins de la planète sont présents au Québec, j'ai le regret de vous apprendre qu'il en manque plusieurs. Beaucoup même!

Selon diverses sources (dont certaines intelligences artificielles), bien qu'il soit à peu près impossible de connaître le nombre exact de vins différents qui sont actuellement commercialisés dans le monde (et je ne tiens pas en compte les nombreux vins vendus en vrac), on peut estimer qu'il y en a entre 1 million et 1.5 million.

Faisons en semble quelques calculs. Retenons le chiffre le plus bas de cette fourchette, soit 1 million (par mesure de précaution). J'en retire la moitié, pour éviter la redondance et pour des raisons de qualité insuffisante pour notre marché. Il en reste ainsi tout de même 500,000 (au bas mot).

En mettant ainsi ce chiffre en rapport avec les 25,000 vins présents, disponibles à l'occasion dans notre province, nous pouvons affirmer que nous avons au Québec, approximativement 5% (25,000 sur 500,000) des bons vins de la planète. C'est beaucoup et peu à la fois.

Tant qu'il n'y aura qu'une seule partie prenante pour décider ce que vous pourrons boire ou non, beaucoup de bons vins vous échapperont.

D'où l'importance quand vous voyagez, de profiter de l'occasion de mettre la main sur des perles absentes de notre marché. Le vin qui suit en donne un bon exemple.


Fusion V, De Toren, Stellenbosch, 2009, Afrique du Sud

Cépages:    60% Cabernet Sauvignon, 12% Cabernet Franc, 11% Malbec, 10% Merlot, 7% Petit Verdot
SAQ #:       non disp.
Prix:            45,00$* (sur place en 2012)
Alcool:       14%
Sucre:         <  2 g/litre
Servir:       16-17° Celsius
Carafe:      30 min.
À boire:     2026-2034

*Vendu aujourd'hui environ 65$ CAN à la propriété





Ce domaine fut ondé en 1991 par Emil den Dulk et son épouse Sonette den Dulk, qui ont quitté leur vie à Johannesburg pour s’installer sur les collines de Polkadraai, à Stellenbosch, attirés par la vue imprenable sur False Bay, Helderberg et Table Mountain.




Ce qui a commencé comme un projet pour repartir à neuf est rapidement devenu l’un des domaines les plus respectés d’Afrique du Sud pour ses assemblages bordelais de haut vol.

Le nom « De Toren » (De la tour en néerlandais) fait référence à la tour emblématique du chai, qui permet un écoulement par gravité, une première en Afrique du Sud à l’époque.





Le domaine s’est spécialisé dès le départ dans les assemblages bordelais : le Fusion V (Cabernet-dominant, premier millésime 1999) et le Z (principalement Merlot, dès 2004), tous deux issus des cinq cépages nobles bordelais plantés sur 25 hectares de sols granitiques parmi les plus anciens au monde (540 millions d'années).




Pour cette entreprise viticole, la diversification est le mot d'ordre. Ainsi, 15 types de sols identifiés dans le vignoble qui est composé de 25 clones parmi les 5 cépages utilisés, lesquels sont greffés sur 10 porte-greffes différents.





Emil den Dulk, passionné et perfectionniste, a dirigé le projet avec le maître de chai Albie Koch (présent depuis le tout début) jusqu’à sa retraite en 2018-2019. Par la suite, une nouvelle structure d’actionnariat majoritaire a été mise en place avec des investisseurs suisses (notamment Cedric Nicolas Schweri, Daniel Robert Mueller et Cape Estate AG via De Toren Holding AG), tandis qu’Albie Koch conserve une part et reste aux commandes opérationnelles.




Outre le vin d'entrée de gamme Délicate, les cuvées phares Fusion V et l'Édition Z, le domaine produit des vins ultra-premium comme Book XVII et The Black Lion (Shiraz), souvent issus de sélections parcellaires extrêmes avec imagerie infrarouge, ainsi que la cuvée Patronus, un monocépage de Malbec issu de vignes centenaires, pour un total de 6 cuvées, toutes en rouge.




Le vin mentionné ci-dessus, la cuvée Fusion V, la première sortie commerciale du domaine, a débuté avec le millésime 1999. Son nom fait référence à l'harmonieuse communion des 5 cépages nobles de la région française de Bordeaux.

Il est issu de rendements très bas, soit environ 1 kilo de raisins par pied, suite à un éclaircissage sévère (vendanges en vert) jusqu'à 40% des grappes.


L'étiquette de la cuvée Fusion V de nos jours

La vendange manuelle est effectuée aux premières heures du jour (premières 2 heures de lumière) pour préserver fraîcheur et arômes. Tri manuel rigoureux à la vigne et au chai.


Verticale des millésimes 2001, 2010, 2016 et 2021

Pressurage doux en paniers, fermentation en cuves petites et larges (meilleur ratio peau/jus), macération pelliculaire et extractions douces/non interventionnistes. Chaque cépage et chaque parcelle vinifiés séparément avant l'assemblage final.




Élevage: 12 mois en barriques de 225 litres (environ 50 % neuves, 50 % de second passage ; typiquement 90 % chêne français + 10 % américain, ce dernier souvent réservé au Malbec pour son caractère). La cave à barriques est climatisée (16 °Celsius / 80 % humidité) pour un vieillissement optimal. Les vins reposent sans perturbation pendant toute la période.




Aucunes fuites couleuses au niveau du bouchon de liège qui, pendant plus de 16 ans, a bien son travail.




Mon unique erreur fut de ne pas avoir utilisé un bilame. Le bouchon a cassé au milieu, laissant la partie inférieure dans le goulot. Heureusement, il est demeuré bien coincé, ce qui m'a permis de retirer la partie restante intacte avec la vis du tire-bouchon qui une fois retirée s'est désagrégée en plusieurs morceaux. Aucun morceau de bouchon n'est tombé dans la bouteille. Ouf!


Accord mets-vin

Jarret d'agneau braisé


Notes de dégustation:

Ce classique et élégant vin sud-africain rivalise sans complexe pour 10 fois moins cher, avec les meilleurs crus classés bordelais. S'il était disponible ici, j'en achèterais immédiatement au moins 6 bouteilles.

Cette bouteille était aussi bonne qu'un certain Château Latour 1993 dégusté au mois d'août dernier! Le vin avait toujours une coloration rubis foncé avec de légers reflets grenat au pourtour du verre. Ce sont les arômes tertiaires qui dominent maintenant à l'olfactif (champignons, terre humide, boîte à cigares, etc.) avec des relents à l'arrière-plan de cerise noire, de mûre et de cassis. Belle matière veloutée et fondue qui caresse le palais, dont les suaves flaveurs se prolongent en une belle fraîcheur minérale. Du grand art!

Il tiendra encore facilement la route 7-8 ans. Difficile de ne pas ressentir une certaine émotion. Pas mal, pour un vin sud-africain!

Un vin d'une telle tenue se doit d'être consommé avec des viandes de qualité (agneau, sauvagine, boeuf, gibier), nappés d'une sauce raffinée.


DISPONIBILITÉ: aucune pour le Québec.








lundi 12 janvier 2026

Le TOP 10 de l'année 2025


Parmi les quelques 2,250 vins dégustés au cours de l'année 2025, je vous en ai recommandé quelques 578, soit à peine 25% des vins que j'ai analysés.

J'ai maintenant dressé pour vous un palmarès de 10 vins qui se sont démarqués, tout particulièrement au niveau de leur évident rapport qualité/prix

Qu'est-ce qu'un bon rapport qualité/prix? C''est par exemple un vin de 25$ qui vous en donne autant que certains vins de 30$/35$, ou un vin de 60$ que l'on croirait valoir 80$/100$. Je crois que vous comprenez le principe.




Ce TOP 10 annuel a été effectué à partir des vins qui ont fait partie des 12 TOP 5 mensuels de l'année 2025.

L'inventaire de la plupart de ces vins est probablement épuisé au moment d'écrire ces lignes. Le lecteur pourra tout de même en retenir les noms et surveiller les prochains arrivages.













Bonnes dégustations!


Le TOP 5 de l'année 2025