Que ce soit pour approvisionner ses succursales ou pour des commandes d'importation privée, il n'y a que la Société des Alcools du Québec (SAQ) qui est autorisée à importer du vin pour le Québec, en vertu du monopole qu'on lui a consenti.
Or, quand il n'y a qu'un seul joueur, celui-ci est forcément obligé de restreindre sa sélection. Pour des raisons d'espace et de logistique en premier lieu, mais également pour maximiser la rentabilité, le but premier étant de faire le plus d'argent possible et non d'offrir la meilleure variété.
La présente offre
Aux quelques 9,000 cuvées apparaissant au répertoire de la SAQ (qui a déjà été plus élevé), s'ajoutent plus de 16,000 que des agences proposent en cours d'année à leurs clients, des restaurants pour la plupart, pour un total de 25,000 références. C'est un choix honorable qui a de quoi rencontrer les besoins de la majorité des consommateurs.
Mais si vous pensiez que presque tous les bons vins de la planète sont présents au Québec, j'ai le regret de vous apprendre qu'il en manque plusieurs. Beaucoup même!
Selon diverses sources (dont certaines intelligences artificielles), bien qu'il soit à peu près impossible de connaître le nombre exact de vins différents qui sont actuellement commercialisés dans le monde (et je ne tiens pas en compte les nombreux vins vendus en vrac), on peut estimer qu'il y en a entre 1 million et 1.5 million.
Faisons en semble quelques calculs. Retenons le chiffre le plus bas de cette fourchette, soit 1 million (par mesure de précaution). J'en retire la moitié, pour éviter la redondance et pour des raisons de qualité insuffisante pour notre marché. Il en reste ainsi tout de même 500,000 (au bas mot).
En mettant ainsi ce chiffre en rapport avec les 25,000 vins présents, disponibles à l'occasion dans notre province, nous pouvons affirmer que nous avons au Québec, approximativement 5% (25,000 sur 500,000) des bons vins de la planète. C'est beaucoup et peu à la fois.
Tant qu'il n'y aura qu'une seule partie prenante pour décider ce que vous pourrons boire ou non, beaucoup de bons vins vous échapperont.
D'où l'importance quand vous voyagez, de profiter de l'occasion de mettre la main sur des perles absentes de notre marché. Le vin qui suit en donne un bon exemple.
Fusion V, De Toren, Stellenbosch, 2009, Afrique du Sud
Cépages: 60% Cabernet Sauvignon, 12% Cabernet Franc, 11% Malbec, 10% Merlot, 7% Petit Verdot
SAQ #: non disp.
Prix: 45,00$* (sur place en 2012)
Alcool: 14%
Sucre: < 2 g/litre
Servir: 16-17° Celsius
Carafe: 30 min.
À boire: 2026-2034
Prix: 45,00$* (sur place en 2012)
Alcool: 14%
Sucre: < 2 g/litre
Servir: 16-17° Celsius
Carafe: 30 min.
À boire: 2026-2034
*Vendu aujourd'hui environ 65$ CAN à la propriété
Ce domaine fut ondé en 1991 par Emil den Dulk et son épouse Sonette den Dulk, qui ont quitté leur vie à Johannesburg pour s’installer sur les collines de Polkadraai, à Stellenbosch, attirés par la vue imprenable sur False Bay, Helderberg et Table Mountain.
Ce qui a commencé comme un projet pour repartir à neuf est rapidement devenu l’un des domaines les plus respectés d’Afrique du Sud pour ses assemblages bordelais de haut vol.
Le nom « De Toren » (De la tour en néerlandais) fait référence à la tour emblématique du chai, qui permet un écoulement par gravité, une première en Afrique du Sud à l’époque.
Le domaine s’est spécialisé dès le départ dans les assemblages bordelais : le Fusion V (Cabernet-dominant, premier millésime 1999) et le Z (principalement Merlot, dès 2004), tous deux issus des cinq cépages nobles bordelais plantés sur 25 hectares de sols granitiques parmi les plus anciens au monde (540 millions d'années).
Pour cette entreprise viticole, la diversification est le mot d'ordre. Ainsi, 15 types de sols identifiés dans le vignoble qui est composé de 25 clones parmi les 5 cépages utilisés, lesquels sont greffés sur 10 porte-greffes différents.
Emil den Dulk, passionné et perfectionniste, a dirigé le projet avec le maître de chai Albie Koch (présent depuis le tout début) jusqu’à sa retraite en 2018-2019. Par la suite, une nouvelle structure d’actionnariat majoritaire a été mise en place avec des investisseurs suisses (notamment Cedric Nicolas Schweri, Daniel Robert Mueller et Cape Estate AG via De Toren Holding AG), tandis qu’Albie Koch conserve une part et reste aux commandes opérationnelles.
Outre le vin d'entrée de gamme Délicate, les cuvées phares Fusion V et l'Édition Z, le domaine produit des vins ultra-premium comme Book XVII et The Black Lion (Shiraz), souvent issus de sélections parcellaires extrêmes avec imagerie infrarouge, ainsi que la cuvée Patronus, un monocépage de Malbec issu de vignes centenaires, pour un total de 6 cuvées, toutes en rouge.
Le vin mentionné ci-dessus, la cuvée Fusion V, la première sortie commerciale du domaine, a débuté avec le millésime 1999. Son nom fait référence à l'harmonieuse communion des 5 cépages nobles de la région française de Bordeaux.
Il est issu de rendements très bas, soit environ 1 kilo de raisins par pied, suite à un éclaircissage sévère (vendanges en vert) jusqu'à 40% des grappes.
La vendange manuelle est effectuée aux premières heures du jour (premières 2 heures de lumière) pour préserver fraîcheur et arômes. Tri manuel rigoureux à la vigne et au chai.
Pressurage doux en paniers, fermentation en cuves petites et larges (meilleur ratio peau/jus), macération pelliculaire et extractions douces/non interventionnistes. Chaque cépage et chaque parcelle vinifiés séparément avant l'assemblage final.
Élevage: 12 mois en barriques de 225 litres (environ 50 % neuves, 50 % de second passage ; typiquement 90 % chêne français + 10 % américain, ce dernier souvent réservé au Malbec pour son caractère). La cave à barriques est climatisée (16 °Celsius / 80 % humidité) pour un vieillissement optimal. Les vins reposent sans perturbation pendant toute la période.
Aucunes fuites couleuses au niveau du bouchon de liège qui, pendant plus de 16 ans, a bien son travail.
Mon unique erreur fut de ne pas avoir utilisé un bilame. Le bouchon a cassé au milieu, laissant la partie inférieure dans le goulot. Heureusement, il est demeuré bien coincé, ce qui m'a permis de retirer la partie restante intacte avec la vis du tire-bouchon qui une fois retirée s'est désagrégée en plusieurs morceaux. Aucun morceau de bouchon n'est tombé dans la bouteille. Ouf!
Accord mets-vin
Notes de dégustation:
Ce classique et élégant vin sud-africain rivalise sans complexe pour 10 fois moins cher, avec les meilleurs crus classés bordelais. S'il était disponible ici, j'en achèterais immédiatement au moins 6 bouteilles.
Cette bouteille était aussi bonne qu'un certain Château Latour 1993 dégusté au mois d'août dernier! Le vin avait toujours une coloration rubis foncé avec de légers reflets grenat au pourtour du verre. Ce sont les arômes tertiaires qui dominent maintenant à l'olfactif (champignons, terre humide, boîte à cigares, etc.) avec des relents à l'arrière-plan de cerise noire, de mûre et de cassis. Belle matière veloutée et fondue qui caresse le palais, dont les suaves flaveurs se prolongent en une belle fraîcheur minérale. Du grand art!
Il tiendra encore facilement la route 7-8 ans. Difficile de ne pas ressentir une certaine émotion. Pas mal, pour un vin sud-africain!
Un vin d'une telle tenue se doit d'être consommé avec des viandes de qualité (agneau, sauvagine, boeuf, gibier), nappés d'une sauce raffinée.
DISPONIBILITÉ: aucune pour le Québec.














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