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mercredi 5 juillet 2017

5 dossiers chauds pour la SAQ


NOTE: Ce texte a aussi été publié le 6 juillet 2017 dans le HuffPost Québec (voir ici).



Bien que le mercure se soit montré quelque peu timide depuis le début de l'été, les 5 dossiers suivants risquent de faire monter la température des dirigeants de la SAQ.

Ceux-ci devront toutefois user de beaucoup de tact et d'expertise afin de régler ces problèmes au cours des prochaines semaines car ceux-ci pourraient à moyen terme leur brûler les doigts.


Bien qu'elles touchent différents services et départements de la société d'état, vous remarquerez toutefois que toutes les situations décrites ci-après auraient vraisemblablement pu être évitées.

1) Un maire qui en a ras le pompom

Privés de leur succursale SAQ depuis le 6 octobre 2016, soit depuis 9 mois, les citoyens de Malartic désirant acheter de l'alcool, doivent se rendre à Val d'Or, soit un aller-retour de plus de 50 kilomètres en voiture.



Martin Ferron
Le maire de cette ville, Martin Ferron (voir photo ci-contre), excédé par les négociations qui tournent en rond avec la SAQ, a décidé qu'il était maintenant temps de faire des pressions politiques afin de faire avancer ce dossier.

"On s'aperçoit que cette organisation (la SAQ) ne fonctionne pas sans moyens de pression" a dit le maire.

Puisqu'à ma connaissance, peu (ou pas) de médias de Montréal ou de Québec ont couvert cette histoire, c'est dans le journal local L'Écho abitibien que l'on peut s'informer à ce sujet  (voir ici).

Habituellement, la Société des alcools du Québec, prévoit longtemps avant la fin de chaque bail, si elle le renouvelle, ou bien si elle emménage ailleurs. J'ai questionné un employé du service des relations avec les médias de la SAQ, afin de savoir ce qui s'était passé.

Selon celui-ci, il semblerait qu'il n'y avait plus d'options de renouvellement au bail existant et plus possibilité de le prolonger. Des négociations avec un ou des propriétaires immobiliers seraient selon lui, toujours en cours. J'ai demandé il y a une semaine une version écrite de la position du monopole d'état pour ce dossier. Je l'attends toujours.

Le problème selon la ville de Malartic auraient deux causes: les exigences élevées de construction de la SAQ ainsi que son entêtement à vouloir se relocaliser loin du centre-ville, à l'encontre de la volonté des élus.

Crédit photo: TC Média - Myriam Grenier

Cette situation n'est pas sans rappeler celle qu'a connu il y a 4 ans la ville de Trois-Rivières, alors que la SAQ voulait fermer sa succursale du boulevard Des Forges au profit d'une nouvelle située dans un pôle commercial accessible presque uniquement en automobile. Les acteurs économiques régionaux dénonçaient cette décision qui aurait des répercussions négatives sur les commerces avoisinants, les restos de type Apportez votre vin principalement. 

La SAQ décida de garder la succursale du centre-ville ouverte, mais uniquement après que le maire et le député provincial de l'époque aient décidé d'intervenir (voir ici).

Selon la SAQ, le nouvel emplacement convoité à Malartic permettraient de faire des ventes supplémentaires. Possible. Mais à qui bon faire 200,000$ de ventes de plus, si on retire 1 million de dollars de l'économie locale. 

Entretemps, la SAQ perd certainement à chaque jour des milliers de dollars de ventes depuis déjà 9 mois en ayant plus de succursale à Malartic. Et comme cela prend au moins 6 mois pour en emménager une nouvelle, ce manque à gagner se poursuivra encore un bon moment.

2) Des restos montréalais en panne sèche

Cette nouvelle-ci a par contre abondamment été couverte par les médias. Une semaine avant la fête nationale de la Saint-Jean, la plupart des restaurants du grand Montréal ont attendu en vain leurs vins. 

Ce n'est que beaucoup plus tard que ceux-ci ont été avisés que l'installation d'un nouveau logiciel informatique visant à gérer l'inventaire des entrepôts occasionnait des problèmes majeurs.

Des restaurateurs craignent de manquer de vin ce week-end - La Presse

Retards de livraison à la SAQ: des restos en manque de vin - Radio-Canada 

Avec maintenant plus de 100,000 bouteilles coincées dans les entrepôts, cette situation qui perdure depuis quelques semaines, a obligé les restaurateurs concernés à se déplacer eux-mêmes, soit en allant chercher leurs commandes à l'entrepôt central, soit en s'approvisionnant auprès de certaines succursales, lesquelles n'ont pas toujours les produits souhaités. Et il est bien sûr impossible bien sûr d'acheter ailleurs, monopole oblige.





Aux dernières nouvelles, la situation semblait se rétablir peu à peu. Souhaitons pour nos amis restaurateurs que tout revienne dans l'ordre le plus tôt possible. On peut cependant comprendre leur frustration  car ceux-ci ont été exclus des récentes baisses de prix sur les bouteilles de vin, même s'ils sont ceux qui achètent avec les plus gros volumes.

Voir ici: La SAQ ignore les restaurateurs dans la réduction de ses prix

Si on ne peut mettre en doute qu'il était nécessaire de moderniser la façon de gérer l'inventaire des entrepôts, on peut par contre se questionner sur la pertinence du moment choisi. De la mi-juin au début juillet, il y a la fête des Pères, le Grand Prix de Montréal, la fête nationale du Québec et la fête du Canada. Faire un test à petite échelle du logiciel avant  son implantation aurait aussi été une bonne idée.


3) La belle occasion manquée

Vers la mi-juin, nous apprenions par l'entremise d'un article du Journal de Québec, l'existence d'une caisse de bières renfermant 12 créations spéciales faites par une microbrasserie de chacune des 10 provinces et des 2 territoires du Canada (incluant bien sûr une bière québécoise), fruit d'une belle initiative entre plusieurs  microbrasseries canadiennes.

Voir le résumé de cette histoire

Cette caisse que tout amateur de bonnes bières (dont moi le premier) aimerait pouvoir acquérir était déjà disponible depuis 6 semaines partout au Canada, sauf au Québec bien entendu.

Puisqu'il s'agit surtout de bières élaborées à l'extérieur de la province, même si le marché de la bière est libéralisé au Québec, l'accord de la SAQ est nécessaire pour les vendre ici. 




Il semblerait que pour des raisons de logistique, la SAQ n'avait alors pas jugé bon d'en commander. Cela était donc techniquement possible partout au Canada, mais pas ici.

Ne voulant pas passer pour le mouton noir canadien par excellence, notre monopole se ravisa l'après-midi même ou cette nouvelle fut rendue publique.

Tout finit bien me direz-vous. Pas tout à fait, puisqu'on décida qu'une quantité de 240 caisses serait suffisante pour approvisionner les 405 succursales du Québec. J'ai vérifié auprès du distributeur et ce n'est pas l'inventaire qui pourtant fait défaut.

Statistiquement, vous avez beaucoup plus de chances d'attraper un rhume d'ici la fin de l'année, que de mettre la main sur l'une de ces fameuses 240 caisses de bières.




Un dépanneur de la ville de Québec spécialisée en bières de microbrasseries, Accomadation ChaLou, aurait été prêt à lui seul à en prendre plus de 1,000 caisses (Écoutez-le ici).

Imaginez le potentiel réel pour le Québec en entier! En agissant de la sorte, on a privé le gouvernement québécois d'un revenu non négligeable.


4) Des fournisseurs en attente de paiement

Même si cette nouvelle a passé un peu sous le radar, je la trouve pour ma part très préoccupante.

Elle a paru dans La Presse, le 27 juin dernier.

Des fournisseurs tardent à se faire payer par la SAQ

Si la SAQ se donne habituellement 30 jours après la réception de marchandises pour payer ses fournisseurs, certains d'entre eux attendraient leur paiement depuis près de 6 mois. Plusieurs de ces fournisseurs auraient d'ailleurs cessé d'envoyer les stocks commandés par la SAQ,  puisque les commandes précédentes n'ont toujours pas été réglées, ce qui inquiètent les agences québécoises qui les représentent en occasionnant des pertes de plusieurs milliers de dollars.




Ces révélations ont été faites sous le signe de l'omerta puisque  le monopole d'état détient (au sens figuré) le droit de vie ou de mort auprès des  entreprises qui font affaire avec celui-ci. On n'a qu'à couper le robinet et s'en est fait du récalcitrant.

La Société des alcools du Québec  a fourni aux agents une panoplie d'excuses, allant du changement au système informatique, à la pénurie de chèques, ainsi qu'à la nécessité de faire dorénavant des virements bancaires suite à des fraudes, ou bien à des changements réglementaires dans certains pays. Il ne reste plus qu'à invoquer les changements climatiques.

Seriez-vous surpris si je vous dis que la SAQ ignore elle-même le nombre de paiements en souffrance qu'elle accuse auprès de ses 3,300 fournisseurs situés dans plus de 75 pays?

À la place du ministre des Finances, je ferai quelques vérifications car c'est la réputation gouvernementale qui est ici en cause.

5) Une importante convention collective échue 

Mais n'oublions surtout pas que les 5,500 employés de magasins et de bureaux de la SAQ tentent toujours de négocier leur convention collective qui est échue depuis le 31 mars dernier.

Ceux-ci ont récemment voté à 94,7% en faveur de l'utilisation de certains moyens de pression qui seront mis en œuvre à des moments opportuns.

Voir: Des moyens de pression à la SAQ - Le Devoir 

Les principaux litiges sont principalement liés aux conditions de travail (rémunération, conciliation travail-famille, précarité des employés à temps partiel qui représentent plus de 70% des membres de ce syndicat, etc.).

Alors que la LCBO semble avoir récemment obtenu un accord de principe avec ses 8,100 employés, évitant ainsi une coûteuse grève, rien pour le moment ne laisse présager que qu'un tel heureux dénouement pourrait bientôt survenir à la Société des alcools du Québec.




En effet, après seulement 5 rencontres avec le syndicat concerné, la SAQ mis abruptement fin aux négociations dès la fin février, soit un mois avant l'expiration de la convention collective, et demanda auprès du Ministère du Travail, l'intervention d'un conciliateur.

Il semble que maintenant la direction et le syndicat ne puissent communiquer autrement que par l'entremise de mises en demeure (voir ici).  Une entente entre les parties ne semble donc pas imminente, à moins d'un soudain revirement.

Il ne faudrait pas que la situation s'envenime davantage et que les évènements de la dernière grève tenue du 19 novembre 2004 au 9 février 2005 se répètent l'automne prochain. Durant la dernière grève, les cadres de la société d'état n'avaient alors réussi à opérer durant le temps des Fêtes qu'une quarantaine de succursales sur les 400 que comptait le réseau à l'époque.

On peut aussi se demander si provoquer la grève fait partie de la stratégie du gouvernement qui se servirait de l'exaspération de la population ainsi créée pour justifier des changements majeurs. Machiavel compte de nos jours, toujours des adeptes.

Les meilleures primes au rendement en plus!

La grille d'évaluation des primes au rendement portant principalement sur l'atteinte du dividende fixé par le gouvernement, les cadres de la haute direction et plusieurs autres se sont vus octroyer très récemment de juteux bonis.

Voir: Des bonis déraisonnables - Journal de Montréal - Michel Girard

Ne serait-il  pas enfin temps de réviser cette pratique qui autorise d'augmenter parfois de près de 30% le salaire de base de la haute direction même si plusieurs pans de l'entreprise battent de l'aile?


Source: Journal de Montréal, 21 juin 2017


Boni: question-quizz

Un peu d'humour pour terminer, histoire de chasser les idées noires.

Question: Quel est présentement le comble du malheur pour un Québécois?

Réponse: Habiter Malartic, y opérer un restaurant, aimer les bières de microbrasseries, tout en étant un fournisseur de la SAQ et y travailler à temps partiel. L'enfer!



Suggestions de vins pour cette semaine:

Tout ceci m'a donné soif. Voici donc quelques recommandations de bons de France, d'Espagne, du Portugal, d'Argentine et du Liban, offerts entre 10,95$ et 19,95$.


La liste des vins recommandés




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