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jeudi 23 mai 2013

POUR LA SAQ, LA QUALITÉ C'EST SECONDAIRE!


Note:  Ce texte a aussi été publié le 23 mai 2013 dans le Huffington Post Québec (voir ici).

Beaucoup de gens sont prêts à tout pardonner ou presque à la Société des Alcools du Québec : l’obligation absolue d’acheter leurs vins auprès de ce monopole, la sélection arbitraire des produits, l’élimination progressive des vins d’entrée de gamme, des prix parmi les plus élevés du monde pour des produits comparables, etc. Tout ceci semble être silencieusement accepté ou du moins enduré par les consommateurs, car ceux-ci, à tort ou à raison, ont la certitude que la SAQ base la sélection de ses vins sur des critères de diversité et surtout de qualité. Voyons voir ensemble si c’est bien le cas.

Même si un très faible pourcentage des consommateurs ne sont aucunement préoccupés par la disparition éventuelle des vins d'entrée de gamme, je ne peux m'imaginer qu'il existerait un seul amateur sérieux indifférent par la qualité des vins qu'il consomme.

Pour fins de précision, je traiterai dans ce billet des vins courants, soit les quelque mille produits de base disponibles dans presque toutes les succursales. Ils sont importants, car comme je le précisais il y a deux semaines, bien qu’ils ne représentent qu’environ 12% de l’ensemble du répertoire, ceux-ci constituent 80% des ventes de vins au Québec. Dû à leur importance, la SAQ applique des critères de sélection différents de ceux des produits non réguliers, appelés produits de spécialité.

Il n’y a pas si longtemps…

Rendons à César ce qui appartient à César. Jusqu’à il y a environ 2-3 ans, je dirais que notre monopole faisait un bon travail car il réussissait à servir autant les intérêts de son unique et gourmand actionnaire, le gouvernement du Québec, que ceux de sa clientèle. On retrouvait alors parmi les 1,000 produits réguliers plus de 200 vins de moins de 10$, une variété intéressante de styles de vins aux goûts typiques de leur terroir, une qualité d’ensemble de bon niveau, de même qu’une proportion non négligeable d’excellents vins.

De nos jours, beaucoup de ceci semble avoir disparu. Nous nous dirigeons de plus en plus vers des produits vendus au-delà de 15$, variés en apparence selon leur provenance mais utilisant la même approche industrielle, nous amenant peu à peu vers une banalisation, voire une standardisation du goût.

Comprenez-moi bien. Je ne dis pas que ces produits sont nécessairement tous mauvais. Personne ne risque de s’étouffer en les buvant, pas plus que d’avoir un orgasme gustatif d’ailleurs. Mais la proportion de vins dont j’évalue la qualité à simplement bonne ou correcte semble en pleine croissance, alors que la catégorie des vins de très bonne ou d’excellente qualité ne fait que diminuer et ce, même si les prix augmentent sans cesse.

Je vous dirais même que la plupart des employés et des conseillers en vins de la SAQ sont dans une forte proportion d’accord avec ce constat. Ceux-ci sont constamment et directement en contact avec la clientèle. Plus d’un m’a informé avoir vu certains de leurs clients tourner les talons sans rien acheter après avoir appris que le vin à 12,95$ qu’ils étaient venus acheter étaient maintenant remplacé par un autre à 17$, plus cher mais pas forcément meilleur.

Et pour ceux qui seraient prêts à immédiatement me crucifier pour avoir osé faire cette affirmation, sachez que je suis loin d’être le seul à faire une telle évaluation.

À titre d’exemple, voici un extrait d’un article intitulé « Vers d’autres sommets » paru le 12 avril dernier sous la plume du très crédible Claude Langlois, chroniqueur vin depuis 1986 (respect!) au Journal de Montréal :

« À propos de ces nouveaux vins qui les ont remplacés et qui coûtent maintenant entre 15 $ à   20 $,  mon impression est qu’ils ne constituent pas une augmentation qualitative notable par rapport aux vins qui nous étaient préalablement proposés à moins de 15$. Bref, à mon sens et selon mon pif, les prix sont plus élevés, mais la qualité, elle, n’a pas vraiment augmenté. »

Bref, M. Langlois a comme moi,  vu beaucoup d’eau couler sous le pont au cours des vingt-cinq dernières années et sait très bien de quoi il parle.

Posons-nous ensemble cette question:

Alors que de part le monde il existe plusieurs centaines de milliers de très bons et même d’excellents vins rouges et blancs que les producteurs seraient prêts à vendre à notre monopole pour quelques dollars à peine la bouteille, comment cela se fait-il que l’on semble incapable de nous en trouver ne serait-ce que mille qui seraient tous d’une indéniable qualité?

Au lieu d’avoir des vins de pur plaisir qui nous feraient tomber en bas de notre chaise, on nous propose des vins bien sûr sans vices ni défauts majeurs, technologiquement corrects,  mais la plupart du temps sans âme et surtout sans grandes vertus. Quasi-disparus l’originalité, la typicité et la personnalité. Aux prix très élevés que nous devons payer ces vins, ne mériterions-nous pas beaucoup mieux que ce que l’on propose présentement et si oui, pourquoi ne l'avons nous pas?

Une question importante comme celle-ci mérite je crois une réponse. Et cette réponse pourrait bien se trouver en grande partie dans les critères de sélection retenus par la Société des Alcools du Québec pour faire le choix de ses vins dans la catégorie des produits courants.

Le mode de sélection des produits

En premier lieu, les nouveaux produits potentiels sont soumis à un comité de dégustation composés d’acheteurs de la SAQ, de sommeliers et de chroniqueurs. On cherche surtout ici à éliminer les produits de mauvaise qualité. Tous les autres, de passables à excellents, passent à l’étape suivante, soit celle d’une évaluation à l’aide de la grille de sélection conçue par la SAQ, selon des critères choisis et pondérés par elle (qualité, notoriété, présentation, promotion, etc.). Par pondération, nous voulons dire que chacun des critères de cette grille se voit attribuer un certain nombre de points en fonction de l’importance que la SAQ leur accorde dans la note globale qui est de 100 points.

Je ne sais trop si c’est pareil pour vous, mais la qualité d’un vin est pour moi un critère très important dans ma décision d’achat. C’est un peu comme le critère de la sécurité dans la sélection d’une automobile. À quoi bon choisir un véhicule qui a une grande puissance motrice et un look d’enfer si je ne suis pas certain qu’il freinera convenablement en cas d’urgence?

Alors, selon vous, quel nombre de points sur 100 la SAQ attribue-t-elle au critère qualité dans la grille de sélection qu’elle utilise depuis les deux dernières années pour ses produits courants? Et  vous? Quel nombre de points croyez-vous qu’il serait juste et normal d’y consacrer? Pensez à un chiffre qui vous semble raisonnable et gardez-le en mémoire. C'est fait? Alors continuons.

Voici ci-dessous le tableau en question que l’on peut trouver sur son site internet (voir lien ici).

J’ai placé dans des rectangles rouges les sections identifiant les produits courants, le critère qualité et finalement, le nombre de points dévolus à la qualité (au croisement des deux, en haut à droite). Prêt?  Regardez :


Vous avez bien vu : 5 points pour le critère spécifique de la qualité.

On en accorde par contre le triple, soit 15 points, pout le montant de budget promotionnel (critère 1.1) proposé annuellement à la SAQ par le producteur et l’agence (pour payer en autres les publicités dans les circulaires du monopole). Selon les agences, un produit soumis avec un budget promotionnel inférieur à 200,000$, voire 150,000$ n’a pratiquement aucune chance d’être sélectionné.

Cela revient à dire que si la SAQ a à choisir entre un petit producteur qui lui soumet  un vin extraordinaire qui pourrait être vendu 12,95$ et qui obtiendrait le maximum de 5 points pour la qualité MAIS qui n’est pas en mesure de garantir un investissement de 200,000$ en publicité (donc 0 point au critère 1.1) et un gros producteur qui propose un vin disons de qualité bien moyenne pour un prix de vente de 16,95$ et qui n’obtient que 3 points (ou même 2) au critère qualité mais qui accepte de payer 200,000$  en pub à la SAQ (donc 15 points au critère 1.1), et bien c’est le second vin que vous verrez sur les tablettes et jamais la couleur du premier. 

Pourquoi? Parce que pour la Société des Alcools du Québec la profitabilité passe avant la qualité, tout simplement. Afin de justifier ses décisions illogiques et incompréhensibles pour le commun des mortels, elle s'est forgée sur mesure une grille qui lui permet de sélectionner les produits qui sont les plus rentables pour elle et non nécessairement les meilleurs pour vous les consommateurs.

Merci à Marie-Claude Journault 
pour son illustration

Petit producteur VS Gros producteur
Adresse courriel:   joure20@hotmail.com

Et pour les petits producteurs qui ont eu la chance de voir l’un de leurs produits retenus il y a plusieurs années avant l’implantation de cette grille, sachez que l’on retire ces produits de plus en plus au profit de d’autres moins bons mais plus chers, comme le démontre l’exemple de L’Opéra de Villerambert-Julien, un bon vin rouge du Sud de la France qui était vendu 12,95$, éliminé il y a maintenant un an même s’il se vendait très bien. Il n’avait qu'un seul mais inacceptable défaut aux yeux de la SAQ, celui de ne pas se vendre assez cher! Voir toute l’histoire ici.

Soyons honnêtes. L’analyse détaillée du tableau ci-dessus révèle tout de même un aspect sur lequel la SAQ n’a négligé aucun effort  pour en augmenter la qualité : celui de ses profits!

Il est facile de prévoir bientôt, après deux autres autres années de sélection de produits basée sur les critères mal pondérés de cette grille, la qualité générale des produits courants continuera de se détériorer alors que les prix eux iront vers le haut. Cela  n’augure rien de bon pour les consommateurs de vins du Québec.   

Mais ce qui m’épatera toujours le plus c’est que tout ceci se déroule dans l’indifférence (ou du moins le silence) de la population, ainsi que de celle de tous les médias traditionnels (presse, radio et télévision) pourtant supposés nous informer. Cette information n’était tout de même pas difficile à trouver! Par peur ou par paresse, nos médias  se contentent règle générale de publier tels quels les communiqués de la SAQ. Ils attendent sagement que les relationnistes de la SAQ daignent bien vouloir sortir de leur tanière et ne vont que rarement au devant d'eux  pour leur poser la moindre question pertinente. Le feront-ils cette fois-ci?
Je n’ai personnellement rien contre le fait que la Société des Alcools du Québec fasse beaucoup de fric. Tant mieux. C’est seulement les méthodes qu’elle utilise pour y parvenir que je trouve douteuses et inadmissibles. Suis-je le seul? J’espère bien que non.

Il y a deux manières pour une entreprise d’augmenter rapidement ses profits : diminuer la qualité des produits vendus (donc le prix de revient) ou augmenter ses prix. La haute direction de la SAQ ne s’est pas cassé la tête à choisir entre les deux. Avec la bénédiction du gouvernement, elle a décidé d’appliquer simultanément ces deux méthodes!

J’imagine à l’avance les affirmations que les employés du service de relations publiques de notre monopole ne manqueront pas bientôt de réciter en choeur aux médias, comme par exemple « bien sûr que la qualité c’est important pour nous», ainsi que « nous agissons toujours dans la plus grande transparence ».

Ils avanceront aussi que dans la grille de sélection, il y a 35 points pour le rapport « Qualité/Prix ». Et alors? Ne savent-ils pas que ce rapport mathémathique est avant tout un critère économique. Ce n’est pas pour rien que le mot « prix » est inclus dans cette expression. 

Ne jouons pas sur les mots et appelons un « chat », un « chat ». Quand on veut vraiment donner de l’importance à un critère spécifique on attribue des points en conséquence au critère en question. Pas à celui à côté. C'est un fait: ce tableau existe et il a le mérite d’être clair. Pour la SAQ, la qualité de ses produits courants ça ne vaut que 5 points. 

Suggestions de vins de la semaine

Voici quelques vins que je vous ai dénichés possédant selon moi un bon niveau de qualité; comme quoi il faut savoir choisir.

Vin mousseux

Château Montcontour, Brut, Cuvée Prédilection, Val de Loire, 2010, France (voir ici)

Vin blanc 

Chardonnay/Viognier, Don Pascual Roble, Juanico, 2012, Uruguay (voir ici) 

Vins rouges 

Nari, Firriato, Sicile, 2010, Italie  (voir ici)

Château Haut-Selve, Graves, Bordeaux, 2009, France  (voir ici)

Vin de dessert 

Poiré de glace, Coteau Rougemont, 2011, Québec, Canada  
(voir ici)


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