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vendredi 4 juillet 2014

Des SAQ dans les supermarchés? Mauvaise idée!


Note: Ce texte a aussi été publié dans le Huffington Post Québec le 3 juillet 2014 (voir ici).

La semaine dernière, la SAQ dévoilait son intention d'implanter des mini-succursales dans plusieurs supermarchés du Québec. Je ne me contenterai pas de vous expliquer pourquoi ce projet est un pas dans la mauvaise direction; je vous ferai aussi part d'une bien meilleure solution pour nous tous.

En effet,  le 23 juin dernier et à notre grande surprise, nous avons pu prendre connaissance d'un article paru dans le journal La Presse au sujet d'un projet que caresse notre monopole d'État visant à ajouter des points de vente hors de ses succursales afin de contrer la diminution de profits qu'elle a accusée au cours de sa dernière période financière

Le projet en question

La SAQ aimerait implanter des mini-succursales à part entière d'environ 1 500 pi. ca. (140 mètres carrés) dans les plus grands supermarchés des groupes Sobeys-IGA, Loblaws-Provigo et Métro, lesquels contrôlent 70% de la distribution des aliments au Québec. Les épiceries continueraient à offrir leurs gammes habituelles de vins d'épiceries. Les produits proposés seraient essentiellement les 400-500 meilleurs vendeurs (vins et spiritueux) des succursales de la SAQ. Ces ''magasins dans les magasins'' seraient opérés par un directeur et des employés syndiqués de la Société des alcools du Québec.

Les ventes seraient encaissées par la SAQ et celle-ci ignore pour le moment si elle paiera un loyer à ces hôtes, jugeant que l'éventuelle hausse de l'achalandage engendrée par la présence des ses mini-succursales serait un incitatif suffisant pour que les supermarchés aillent de l'avant avec ce projet. Mais elle ne parle cependant pas de la baisse fort probable des ventes des vins d'épiceries présentement offerts par ces détaillants.

La clientèle aura ainsi le cruel dilemme de choisir entre des vins d'épicerie que l'on sait avec certitude qu'ils ont été importés en vrac ou des vins de la SAQ dont on ignore s'ils ont été embouteillés sur leurs lieux de production ou bien importés en vrac tout comme ceux des vins de dépanneurs, la SAQ refusant de le préciser sur les bouteilles qu'elle vend. Quel beau choix!

Déjà, ce méli-mélo me fait tourner la tête. On semble y déceler de l'improvisation et une certaine panique de la part d'une organisation qui cherche désespérément à quel saint se vouer pour sauver les meubles.

Approchés à cet effet par la SAQ, les trois principaux groupes en alimentation ne voient pas comment ils pourraient dégager les 1 500 pi. ca. requis dans leurs épiceries déjà bien remplies. 

La SAQ répond que les épiciers n'ont qu'à agrandir leurs magasins! Rien que ça. Pour des raisons matérielles et techniques tels le zonage, cela s'avère bien souvent impossible. Il existe pourtant déjà dans nos épiceries de l'espace tablettes pour le vin que l'on pourrait utiliser à bien meilleur escient.

L'origine de l'idée

L'idée de cette solution facile d'expansion aurait germé l'an dernier, après que la SAQ ait relocalisé pendant cinq mois à l'intérieur d'un Loblaws sa succursale de l'Ancienne-Lorette, lors de rénovations. Grand succès selon elle. L'achalandage du Loblaws aurait augmenté et le taux de satisfaction de la clientèle aurait été de 86%. 

Nul ne peut dire cependant si ce taux de satisfaction découle du fait que les gens n'avaient pas à faire deux endroits, ou qu'ils aient été simplement heureux que le service de la SAQ n'ait pas été interrompu durant les travaux à leur succursale de leur région.

Vraiment si extraordinaire?

On peut en effet se poser la question. Alors que Métro et Sobeys-IGA continuent d'y réfléchir, le groupe Loblaws-Provigo, chez qui pourtant a eu lieu cette formidable expérience  de cinq mois de relocalisation temporaire,  semble avoir tourné la page avec cette déclaration: ''Il n'y aura pas de ça dans nos magasins." Étrange.

À faire avant tout S.V.P.

Il faudra bien que la direction de cette société d'État finisse par se rendre compte que son présent "plan d'affaires" ne fonctionne déjà plus très bien, hypothéqué depuis quelques temps par un manque de vision et d'un certain éloignement des besoins de sa clientèle. Or, quand on est malade, avant de songer à réaliser de nouveaux projets, on doit d'abord se soigner.

Ainsi, avant même que la SAQ ne cherche à étendre ses activités, il serait peut être utile qu'elle examine courageusement comment corriger les principales causes qui minent son rendement.

Par exemple, il faudrait:

1) Doubler le nombre de vins vendus sous la barre des 15$ et qui sont toujours en chute libre

On retrouverait ainsi le niveau de mars 2009 soit un peu plus de 1,000 vins. La SAQ génère plus de 70% de ses ventes de vin avec les produits de moins de 15$; pourtant ceux-ci ne représentent déjà plus que 6,5% de son répertoire. Il faut augmenter la diversité dans cette gamme de prix, ce qui permettrait d'aller chercher d'autres parts de marché. Un bon détaillant doit offrir ce que sa clientèle désire et non imposer ses propres choix.

2) Choisir les nouveaux vins en se basant avant tout sur leur qualité et non sur le montant du budget promotionnel versé par le producteur.

Le meilleur moyen de fidéliser et d'augmenter sa clientèle (même pour un monopole) c'est de lui offrir des produits de la meilleure qualité disponible sur le marché et au meilleur prix possible.

3) Cesser de diminuer le service à la clientèle en coupant les heures des employés

Une solution dangereuse; on diminue à court terme les coûts d'opération mais en même temps le service à la clientèle; résultat, à long terme, les ventes baissent de plus en plus

4) Et le plus important: diminuer rapidement et substantiellement la loufoque et exagérée majoration moyenne de 135% qui fait en sorte que même une bouteille d'eau importée par le monopole coûterait 6,75$

Il y a donc beaucoup à faire! Quand on aura terminé de remédier à ce qui cloche, alors on pourra songer à empiéter chez le voisin. Ou encore mieux. Au lieu de propager un modèle désuet et imparfait, pourquoi ne pas faire preuve d'un peu de créativité? Parce qu'aller de l'avant avec le projet tel que proposé serait l'équivalent de refaire la décoration intérieure d'une maison alors que le toit fuit de toutes parts.

Quelques réactions

Le projet de la SAQ n'ajoute aucun nouveau produit pour la clientèle québécoise qui mériterait pourtant une offre plus étudiée et diversifiée. On en choisit 400-500 que l'on a déjà et on les place dans plus d'endroits, c'est tout. Mais qu'en pensent certaines personnes?

Marc-André Gagnon, ancien journaliste et chroniqueur vin, écrit sur son site vinquébec.com que les dirigeants de la SAQ ont du front tout le tour de la tête et font fausse route.

Et voici la réaction polie mais ferme de M. Florent Gravel, le PDG de l'Association des détaillants en alimentation du Québec (ADA). Celui-ci, et avec raison, fait état de plusieurs craintes justifiées pour ses membres si ce projet se concrétisait. Cet homme voit clair et loin, c'est évident. Je l'encourage à résister à ce projet insensé. Dans la nouvelle édition du bulletin Radar de cette association, M. Gravel exprime ce qui suit:

"Aux gens de la SAQ nous disons ceci : ne poussez pas nos membres à se cannibaliser entre eux. Le commerce de détail est assez compétitif comme cela, nous n'avons pas besoin d'une nouvelle concurrence émanant directement d'une société d'État."

Et que dire de la position de de M. Yves Servais, président de l'AMDEQ (Association des Marchands Dépanneurs et Épiciers du Québec) qui préfèrerait que ces membres puissent avoir le droit d'indiquer toutes les informations sur leurs produites, tels les cépages.

Une suggestion gratuite au gouvernement

Pourquoi au gouvernement? Parce que, c'est bien connu, un monopole par définition ne fera de lui-même aucun changement qui pourrait le moindrement diminuer son contrôle et son pouvoir. Tout changement au monopole ne pourra que venir du milieu politique.

Cette suggestion repose sur les faits suivants:

1) Nous avons une loi provinciale archaïque qui date de 1978 et qui ne répond plus aux aspirations et au mode de vie de la population québécoise. Obliger encore les épiceries et dépanneurs à ne vendre que des produits importés en vrac et sans mention des cépages est une mesure désuète et dépassée.

Et s'il faut pour se faire démonopoliser la SAQ afin de respecter semble-t-il certains accords internationaux, et bien démonopolisons. Par le biais de la taxation, le gouvernement retirera les mêmes revenus de toute façon. 

2) Les épiciers désirent depuis longtemps pouvoir vendre des vins de meilleure qualité

3) La Société des alcools semblent trouver plus profitable des vendre des vins de 17$, 20$ et plus; l'éradication planifiée qu'elle a entreprise envers les vins de moins de 10$ puis de 15$ en est la preuve

4) Les consommateurs désirent plus de diversité (provenance, producteurs, etc.), de variété, et surtout davantage de vins à prix moins prohibitifs que présentement; après tout, le vin est un produit de consommation courante, pas un objet de luxe ostentatoire.

Le projet soumis par la SAQ, en plus d'apporter davantage de confusion et de mêler les genres, n'apporterait comme seul avantage que celui d'une plus grande disponibilité à certains produits que l'on retrouve déjà dans ses 400 succursales. Il y aurait certainement moyen de remodeler d'une manière plus simple, efficace et rentable, l'ensemble de la commercialisation de l'alcool au Québec.

Je propose donc:

1) L'abolition de la partie de loi actuelle qui ne permet de vendre dans les épiceries que des vins importés en vrac et sans mention de cépages; les consommateurs connaîtraient ainsi comme c'est leur droit, la nature exacte des produits qu'ils achètent

2) Après avoir abaissé le taux de majoration de profit tel que suggéré plus haut, les vins dont le prix seraient de moins de 15$ seraient disponibles chez les quelques 8 000 épiciers détaillants du Québec et les vins de 15$ et plus dans les succursales de la SAQ 

3) Je conserverais pour le moment les vins importés en vrac dans les dépanneurs et autres grandes surfaces telles Costco, mais avec le droit toutefois d'indiquer dorénavant sur l'étiquette toutes les informations à leur sujet (cépages, millésimes, appellations, producteurs, etc.)

4) Seule exception à la règle #2 ci-dessus, j'autoriserais les épiciers à proposer à leur clientèle,  sans égard au prix de vente, les vins québécois; le mariage des aliments du Québec avec les vins de notre terroir me semble très logique; quelle vitrine pour nos vignerons québécois et quel incitatif pour leur développement qualitatif et quantitatif!

Les consommateurs de vin du Québec bénéficieraient d'un meilleur choix et pourraient ainsi, tout comme la plupart des peuples civilisés sur cette planète, acheter des vins abordables (9$, 10$, 12$ 14$) tout en faisant leur marché. Si on veut se gâter, disons pour le samedi soir, et bien on va à la SAQ. Surveillez bien par la suite les ventes et surtout les profits faire un bond vers l'avant.

Cette proposition simple pourrait rapidement être mise en application car elle ne nécessite pas de bâtir des ''magasins dans les magasins''. Nous ferions ainsi enfin un peu le ménage dans nos vieilles lois. Vous conviendrez qu'il s'agit ici vraiment d'une valeur ajoutée, tant pour les épiciers, la Société des alcools du Québec, le gouvernement du Québec, que pour les consommateurs.

Y a-t-il quelqu'un qui ne comprend pas quelque chose là-dedans? Non? Alors, qu'attendons-nous?


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